Ce que manger veut dire

« Manière de voir » n° 142 — Août – septembre 2015

arton53389-b7861

Selon une idée largement répandue, il serait impossible de nourrir toute la planète avec des produits frais et sains. Aussi faudrait-il s’accommoder de l’intensification de l’élevage et de l’agriculture, de l’usage de pesticides et de farines animales, de la standardisation des denrées, et n’y voir que des inconvénients nécessaires à la démocratisation de l’alimentation. Mais la nourriture bon marché a un coût — social, sanitaire, environnemental — qui conduit un nombre croissant de citoyens à s’interroger : un autre modèle est-il possible ?

L’indigestion qui vient Benoît Bréville

I. Les apprentis sorciers

Pendant des siècles, les hommes ont dû composer avec les caprices de la terre : ils se nourrissaient, tant bien que mal, de produits locaux dont la récolte pouvait être détruite par une intempérie ou une maladie. Mobilisée pour limiter l’impact de ces aléas, la machine scientifique a fini par s’emballer, au point que l’industrie alimentaire semble aujourd’hui s’être affranchie du concept même de nature. Les tomates sont produites en toute saison, l’animal est devenu une matière première et des semences génétiquement modifiées envahissent les champs.

Et pour quelques tomates de plus Pierre Daum

La vache, les lasagnes et le « minerai » Agnès Stienne

Les cinq mythes des agrocarburants Eric Holtz-Giménez

Le steak caché des fast-foods Pascal Lardellier

Aux Etats-Unis, les savants fous du climat James Ridgeway

Plaidoyer pour l’interdiction des OGM Susan George

Le riz, nouvelle passion des spéculateurs Jean Ziegler

II. Qui remplit nos assiettes ?

Dans les vergers du sud de l’Europe s’affairent des saisonniers et des immigrés clandestins ; au sein des abattoirs bretons, des « travailleurs détachés », embauchés selon les normes sociales roumaines ou polonaises, découpent le bétail ; derrière les caisses des fast-foods, une main-d’œuvre sous-payée et flexible enregistre les commandes. De la production à la distribution, le secteur de l’alimentation constitue ainsi un poste avancé de la déréglementation du travail.

Vent de révolte chez les travailleurs saisonniers Patrick Herman

Abattoir breton cherche boucher roumain Mathilde Goanec

L’effet hypermarché Philippe Bovet

La diplomatie américaine est soluble dans le soda Guillaume Pitron

Colère au menu de la restauration rapide Thomas Frank

III. Insécurités alimentaires

L’insécurité alimentaire se conjugue désormais au pluriel. En proie à la spéculation sur les matières premières et aux catastrophes climatiques, les pays du Sud continuent de souffrir de la malnutrition, même si la famine y a reculé. Au Nord, c’est l’obésité, le surpoids et leur cortège de problèmes médicaux qui frappent massivement les populations, en particulier les plus pauvres. Au total, plus de deux milliards de personnes sont concernées par l’un ou l’autre des « fardeaux de l’alimentation ».

L’obésité indexée sur le PIB B. B.

Pour en finir avec la flambée des prix Stéphane Parmentier

Costa Rica, des bananes au régime chimique Jean-Pierre Rogel

La faim, une arme coloniale Mike Davis

Restera-t-il des poissons dans les mers d’Afrique ? Jean-Sébastien Mora

IV. L’art de la table

A l’heure où la télévision ne cesse de célébrer les plaisirs de la chère, la nourriture industrielle est devenue le lot commun de la plupart des habitants des pays riches. Pourtant, en marge de l’agrobusiness et de ses engrais chimiques, des récalcitrants — vignerons, cultivateurs « bio », restaurateurs… — tentent de redonner des couleurs à l’art de la table. En produisant des denrées de qualité à des prix accessibles, ils œuvrent à libérer la gastronomie de son carcan élitiste.

« Manger est un acte agricole » Carlo Petrini

« Homo festivus » fait ripaille Sébastien Lapaque

Sodexo, une histoire de casseroles Léonard Sompairac et B.B.

Dans les cuisines de la télé-réalité Marc Perrenoud

Anatomie d’un repas au Koweït Claudia Roden

Chroniques épicuriennes La Reynière

La « guerre du houmous »Akram Belkaïd

Une fraise en hiver ne peut pas être bio Philippe Baqué

Où va le vin va le monde Jonathan Nossiter

 

Publié le 27 juillet 2015, dans David Alberto. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :