Six bonnes raisons de boycotter les fraises espagnoles

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La France importe plus de 80 000 tonnes de fraises espagnolesavant leur saison.  Fades, farineuses, à peine mûres, ces pseudo-fraises sont une aberration sur tous les plans.  Leur commerce est indigne de nos palais, de notre santé, de nos valeurs et même des droits de l’homme.  Opinion excessive ? Je sais, ça m’arrive quelquefois, mais là, jugez par vous-même. 

Le transport…

Pour arriver en France, cette production doit parcourir en moyenne 1500 km en camion.  Il faut 16 000 camions pour faire le parcours par an et on imagine aisément le stock de Co2 et autres parfums d’échappement qu’ils sèment sur leur chemin.  Comme la production se fait en Andalousie, son transport arrose de ses poisons lamerveilleuse réserve d’oiseaux migrateurs d’Europe du parc national proche de Guadalquivir.

L’environnement…

WWF-France s’est récemment intéressé à cette super-production qui, non seulement, contribue à une pollution très large et évitable, mais également à mettre en péril les productions locales.  On est en plein dans le phénomène si déplorable de la mondialisation de bas-étage ! Le problème, c’est l’étendue de cette culture dont 40% se fait en toute illégalité et nécessite des terres immenses (près de 6 000 hectares) dont une centaine est d’ores et déjà volée au parc national.  2 000 hectares de forêt ont été rasés pourétendre le champ d’exploitation.  Le pouvoir local ferme les yeux et ce, malgré les protestations et les interventions écologistes.  Même les forages qui permettent d’arroser les plants sont creusés en toute illégalitéet transforment peu à peu cette partie de l’Andalousie en savane, ce qui a pour effet d’atteindre de façon significative et alarmante les oiseaux migrateurs, de faire disparaître les lapins et, par conséquent, le lynx pardelle qui s’en nourrit.

Des fraises empoisonnées…

Les plants, bien que vivaces et pouvant servir à la production durant plusieurs années, sontsystématiquement et annuellement détruits dans le but de donner des fraises hors saison.  Les nouveaux plants sont réfrigérés en été (pour simuler l’hiver) de manière à activer leur production.  En automne, on nettoie et on stérilise la terre en détruisant la microfaune avec du bromure de méthyl (poison virulent interdit depuis 1987 par le protocole de Montréal sur les gaz à effet de serre) et dechloropicrine (composé de chlore et d’ammoniaque reconnu pour son effet bloquant des alvéoles pulmonaires)…

La santé…

Selon un intervenant écologiste local, les maladies pulmonaireset les affections de la peau sont légions.  Les plants poussent sur un plastique noir qui, en fin de saison, sera emporté par le vent, enfoui n’importe où, ou brûlé sur place (plus ou moins 5 000 tonnes !) et, de plus, ces plants sont généreusement arrosés d’engrais, depesticides et autres fongicides.

Les droits de l’homme…

L’immense majorité des producteurs andalous emploient des Marocains, saisonniers ou sans‐papiersdont on imagine bien qu’ils sonttrès mal payés et hébergés dans des conditions précaires.  On dit même qu’ils entretiennent les feux destinés à les réchauffer avec les résidus des serres en plastique qui recouvrent les fraisiers en hiver…

Et pour terminer, une information croustillante…

Il est déjà établi que lorsque la région sera totalement dévastée et que la production sera devenue trop onéreuse, les industriels de l’agro-alimentaire espagnols iront s’installer au Maroc… 

Publié le 3 juin 2014, dans Aurélie Mutel, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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