Au Havre, le boom des jardins partagés

Les Associations de maintien de l’agriculture paysanne (Amap) fleurissent au Havre. L’AMAP du Perrey vient de voir le jour. Découverte d’un nouveau mode de consommation.

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Dernière mise à jour : 06/11/2013 à 17:05

Même en ville, il est possible de vivre au rythme de la campagne.©Fotolia.
Même en ville, il est possible de vivre au rythme de la campagne. (©Fotolia)

La Haute-Normandie compte de nombreuses Associations de maintien de l’agriculture paysanne (Amap), référencées sur le site des Amap de Haute-Normandie. Au Havre, ce sont quatre associations engagées dans une démarche citoyenne, qui proposent aux citadins de consommer local, en ayant recours aux récoltes des producteurs du cru. Mais une Amap, c’est bien plus qu’une simple transaction autour de fruits et légumes :

C’est le choix citoyen de supporter des agriculteurs locaux. C’est aussi le désir de manger des produits de saison, dont on connaît le traitement, car cultivés à proximité », souligne Danielle Fratras, à l’initiative de la nouvelle Amap du Perrey.

La petite dernière, née au Havre, cet été, lancera sa première distribution de paniers vendredi 8 novembre 2013. Pierre Le Rolland, maraîcher bio, fournira les adhérents en produits frais.

Une démarche citoyenne

Adhérer à une Amap, c’est être investi dans une démarche citoyenne, donc :

En s’engageant, on soutient l’économie locale. En effet, selon les chiffres de la Codah (Communauté de l’agglomération de la région havraise), qui mène une vraie réflexion autour de l’alimentation des citoyens, seuls 15 maraîchers subsistent sur notre territoire. 11 ont plus de 50 ans et 7 sont sans repreneurs. D’où la nécessité de soutenir ces agriculteurs. »

Adhérer à une Amap, c’est aussi accepter les contraintes liées aux aléas des saisons, mais aussi au contenu du panier : « Nous ne choisissons pas le contenu, ni le jour de distribution. Chez nous, le jour fixé est le vendredi, de 17h30 à 18h30, place du Père-Arson, dans le quartier Saint-François. » Le prix du panier hiver a été fixé à 10 euros. L’Amap du Perrey rencontre déjà un franc succès. Les Havrais plébiscitent ce type d’initiatives : bien qu’en ville, ils ont les yeux tournés vers la campagne.

Les jardins potagers fleurissent en ville

La municipalité du Havre développe les initiatives pour qu’en plein cœur de ville, les habitants puissent disposer de parcelles de terrain à cultiver. Depuis 1998, 10 jardins familiaux ont été conçus en partenariat avec la municipalité et les habitants. C’est un total de 279 parcelles qui ont été aménagées dans les quartiers de Mont-Gaillard, Caucriauville et La Mare-Rouge.
Pour cultiver son propre jardin, il suffit de se rapprocher de l’une des associations, gestionnaire des jardins, dont la liste est donnée sur le site de la Ville.

D’autres initiatives ont vu le jour, aussi. Dans le quartier des Neiges, dans le cadre de la réhabilitation de logements locatifs, un jardin potager a poussé au pied des immeubles. Enfin, plus récemment, aux Champs-Barêts, des parcelles d’éco-jardin ouvertes à tous ont été aménagées. Cet espace est un équipement familial de proximité permettant l’expérimentation et la découverte du jardinage par la mise en place d’apports pédagogiques, les échanges de savoirs et de compétences entre habitants.

L’éco-jardin de Bléville

L'éco-jardin de Bléville, un potager pour tous.
L’éco-jardin de Bléville, un potager pour tous.

À Bléville, depuis cinq ans, a été planté, rue Saint-Just, un éco-jardin. L’initiative fut celle du centre social de Bléville, aujourd’hui municipalisé et appelé Le Câble. L’objectif clairement affiché était de fabriquer du lien social autour d’une activité de plein air, ludique et pédagogique à la fois. « Inutile de s’inscrire pour prendre part à l’éco-jardin. L’espace est ouvert à tous », martèle le directeur du Câble, Patrick Gerbeau.
Un noyau dur d’habitants entretient régulièrement l’éco-jardin. Un animateur du Câble, spécialiste du jardinage, les guide, au besoin, dans leurs gestes.

Ici, en effet, on apprend que ce qui peut apparaître comme une mauvaise herbe, ne doit pas être arraché car cette dernière a finalement des vertus insoupçonnées », développe le directeur. L’idée est finalement de rendre autonomes les habitants, dans la pratique du jardinage. Et surtout, dans le plaisir de cultiver son propre jardin.

Fleurs, plantes aromatiques et légumes poussent ainsi au gré des saisons. Et ils font le bonheur de ceux qui les ont plantés ou de toute autre personne du quartier, qui sera venue prendre ce dont elle a besoin, sans restriction aucune.

Malheureusement, nos récoltes sont parfois dégradées. Des mobylettes ou des quads passent sans vergogne parfois sur cet éco-jardin. C’est un peu décourageant même si nous sentons une baisse sensible de ces incivilités. Signe que notre éco-jardin gagne en respect. »

L’initiative, en tout cas, fait des émules. Aux Champs-Barêts, la municipalité a fait installer des bacs hors-terre qui fonctionnent sur les mêmes règles participatives.

Publié le 12 novembre 2013, dans Aurélie Mutel. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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